Ça y est, c’est l’été et autour de moi tout le monde part en vacances… d’ailleurs nous aussi on part bientôt ! Mais, je vous le dis franchement : je n’en ai pas tant envie que ça.
Alors n’allez pas croire que je n’aime pas voyager, ce n’est pas ça du tout !
Mais le souci, c’est que ma plus grande passion est mon potager, je m’y donne corps et âme, et il me le rend bien… en me couvrant de récoltes !!! De récoltes généreuses et abondantes, mais toutes concentrées – moyenne montagne oblige… sur l’été !

Eh oui, ici la saison est courte, et tout est concentré plus ou moins sur juillet, août et septembre.
Alors comment vous dire… c’est pile là, quand le jardin est en plein essor, que les récoltes demandent à être dégustées ou transformées, que ma petite famille d’amour veut partir en vacances…
Et je la comprends, hein ! Le mari, les enfants, la plage, se baigner quand il fait 35 degrés, tout ça est parfaitement légitime. Je ne suis pas un monstre. On part. Bien sûr !
Mais moi, j’anticipe déjà, je pense aux tomates qui ne seront pas taillées. À la serre qui, en une semaine, devient une jungle. Aux haricots qui vont durcir sur pied. Et surtout, surtout, à l’arrosage.
Et en plus, cette année, on est en pleine sécheresse. Même ici, à 800 mètres d’altitude, dans le Haut-Doubs, où on imagine toujours qu’il fait que pleuvoir. Les champs autour de la maison sont marron. Les moutons du voisin cherchent quelque chose à brouter le long du grillage. Et moi, je m’apprête à abandonner mon potager dans ces circonstances si difficiles…
Voilà. C’est ça, mon problème avec les vacances d’été.
Ce que tout le monde conseille, et pourquoi ça ne marche pas chez moi
Quand on cherche « arroser son potager pendant les vacances », Internet regorge de solutions. J’en ai lu des articles et regardé des vidéos. Et j’ai fini par me rendre compte que la plupart de ces conseils ne sont tout simplement pas écrits pour un jardin comme le mien.
« Demandez à votre voisin »
C’est LA solution, celle qui revient dans absolument tous les articles et toutes les vidéos : trouvez quelqu’un, proposez-lui les récoltes en échange, tout le monde y gagne.
Sauf que je vis isolée. Pas de maisons autour, des champs. Mes seuls voisins sont des moutons, et je doute fortement qu’ils viennent arroser mes tomates, ils préféreraient les manger, et vu l’état de l’herbe cette année, je ne peux pas leur en vouloir. J’ai bien des amis, un peu plus loin. Mais bon, je l’avoue : je n’aime pas déranger les gens. Et d’ailleurs il faudrait déjà trouver quelqu’un qui ne parte pas en vacances en même temps !

Le goutte-à-goutte programmable
C’est LA solution technique, celle qu’on vous vend partout. Et j’en ai déjà, du goutte-à-goutte : dans la serre. Sauf que je l’ouvre à la main, quand je passe. Pas de programmateur.
Alors oui, il suffirait d’en installer un. Mais deux choses me retiennent.
D’abord le prix : un système programmable digne de ce nom sur 100 m² de potager, ça chiffre vite.
Ensuite, et c’est le vrai frein : la peur de la panne. Parce qu’un programmateur, c’est un boîtier auquel on confie tout, et qu’on laisse tourner seul pendant une semaine. Si ça ne se déclenche pas, ça revient à ma situation actuelle, donc aucun intérêt. Mais si ça se déclenche et que ça ne se coupe plus, c’est encore pire ! Imaginez par exemple sept jours d’eau en continu, personne pour fermer le robinet, alors qu’on est en pleine sécheresse avec restrictions d’eau ! Ce n’est même pas imaginable pour moi.
Curieusement, cette question-là, je ne l’ai lue nulle part. Tous les articles vantent le programmateur. Aucun ne parle de ce qui se passe quand il tombe en panne le lendemain de votre départ.
Les bouteilles retournées
Le grand classique : une bouteille percée, plantée le goulot en bas au pied du plant. Pourquoi pas, en jardinière, ou sur quelques pieds de tomates.
Mais j’ai 100 m² de potager. Faites le calcul.
Les oyas
Même problème, avec un coût en plus. Sur quelques plants gourmands, l’idée est excellente. À l’échelle d’un vrai potager, ce n’est plus une solution, c’est un investissement.
Décaler ses semis
Celle-là, on la trouve surtout chez les Allemands, qui en font une méthode à part entière : on planifie ses semis pour que les récoltes tombent avant ou après l’absence.
Et honnêtement ? Chez moi, c’est quasi imprévisible !
Ça fonctionne (parfois) pour les haricots : cycle court, récolte assez prévisible, fenêtre resserrée. Mais pour tout le reste, la météo de moyenne montagne balaie tous les calculs. Un printemps froid, une canicule, et voilà ma récolte décalée de trois semaines. On peut planifier tant qu’on veut : ici, c’est le climat qui décide.
Et c’est bien le fond du problème. Ces conseils ne sont pas faux. Ils sont écrits pour un jardin de plaine, avec des saisons régulières et un voisin de l’autre côté de la haie. Ils ne sont juste pas pour moi.
Ce que je fais vraiment
Alors, concrètement, qu’est-ce que je fais avant de partir ?
Je vais être honnête avec vous : pas grand-chose. Et surtout, rien de technique.
Le paillage, tout l’été
C’est mon seul vrai levier, et de loin le plus efficace. Je paille au foin et à la tonte de gazon, en couche épaisse. Le sol reste couvert, il garde l’humidité, il ne croûte pas, il ne cuit pas au soleil.
Sauf que cette année, la tonte, je n’en ai pas. L’herbe est grillée, marron, elle ne pousse plus. Autrement dit : la sécheresse me prive du paillage qui me servait justement à lutter contre la sécheresse. Le serpent se mord la queue. Heureusement qu’il me reste un fond de foin de l’année dernière, qui devra faire l’affaire !
La veille du départ, j’arrose à fond et je rajoute une couche de paillage par-dessus
C’est le geste qui compte. J’arrose massivement, jusqu’à ce que le sol soit vraiment gorgé, pas un arrosage de surface, un vrai. Et par-dessus, je remets une couche de paillage.
L’idée n’est pas d’arroser à distance. C’est de ne pas perdre l’eau que j’ai mise. Le paillage fait barrage à l’évaporation, l’eau descend vers les racines au lieu de s’envoler.
Et puis… je croise les doigts !
Voilà. C’est tout. Gros arrosage avant, gros arrosage au retour, et entre les deux, je croise les doigts. Tout en profitant au max de mes vacances avec ma famille quand même !
Alors oui, ce n’est pas très glorieux, et ça ne ferait pas un tutoriel très vendeur. C’est pour ça que je n’en ai pas fait d’ailleurs. Mais c’est la vérité, et je soupçonne que c’est aussi ce que fait la moitié des jardiniers – ou je me trompe ?
Le vrai compromis, il n’est pas technique
Parce qu’au fond, la seule chose que j’ai vraiment réussi à changer, c’est la date.
L’an dernier, on est partis en août. Trois semaines d’absence en cumulé, en plein pic de récoltes. Une catastrophe : je suis rentrée dans une jungle, avec des tomates perdues, des courgettes devenues monstrueuses, et zéro motivation pour rattraper le retard.

Cette année, on part une semaine, en juillet. C’est plus tôt, c’est plus court, et ça change tout : les grosses récoltes ne sont pas encore là, et une semaine, le potager peut l’encaisser.
Ce n’est pas une solution d’arrosage. C’est une négociation familiale. Enfin, je ne savais pas encore qu’il y aurait la sécheresse bien sûr.. et ça ne m’étonnerait pas qu’il pleuve tout le mois d’août et que j’en entende parler jusqu’au bout des temps ! 😉
Et puis, franchement… pourquoi partir ???
Parce qu’il y a une dernière raison, et elle n’a plus rien à voir avec l’arrosage.
Les bouchons. Les touristes partout. Il fait chaud partout. Et pendant ce temps-là, on habite ici : la région des lacs, la région des forêts. Un coin magnifique, où l’été est court mais splendide (quoique parfois pluvieux).
Alors partir ailleurs, en pleine saison, au moment précis où c’est le plus beau chez nous… vous voyez ce que je veux dire ?
Moi, je trouverais plus logique de partir en hiver, quand il fait gris et froid et tristounet.
Envie de m’entendre le dire de vive voix ?
J’ai fait une vidéo sur le sujet, un petit billet d’humeur, tout en dérision, sur ces sempiternelles vacances d’été quand on a un potager. Vous y retrouverez les moutons, la serre en pleine jungle, et un mot allemand que vous ne connaissez peut-être pas 😉






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