Il y a dix ans, quand j’ai emménagé ici en moyenne montagne dans le Haut-Doubs, je ne me doutais pas que mon plus gros défi au potager ne serait ni le climat, ni l’altitude, mais bien quelques petites bestioles à fourrure, capables de réduire à néant des saisons entières de travail. Après des années de tâtonnements, je peux enfin dire que je jardine presque tranquille. Je vous raconte comment…


Pourquoi mon potager est devenu leur restaurant préféré

Quand je suis arrivée ici, le jardin n’existait pas encore. Il n’y avait que du gazon. Pas un arbre fruitier, pas la serre bien sûr, pas un bac. Rien — à part, déjà, des monticules de taupes et de rats taupiers un peu partout, comme dans les champs à côté et chez les voisins.

Il faut comprendre qu’autour de chez nous, il n’y a que des champs et quelques bâtiments. Pas un autre jardin potager à des kilomètres à la ronde — à l’exception de quelques jardins publics situés plus loin. Et quand j’ai commencé mon potager, en cultivant comme j’avais l’habitude de le faire dans la vallée à côté de Besançon, où je vivais avant, il s’est produit quelque chose à quoi je ne m’attendais pas : ils sont TOUS venus chez nous.

Du jour au lendemain, il y avait plus de monticules de rats taupiers chez nous que dans les champs voisins. C’est logique, finalement : pourquoi se contenter des racines d’herbes des prairies, quand de belles carottes bien goûteuses poussent juste à côté ? Mon potager venait de devenir leur restaurant préféré !

Apprendre à reconnaître qui creuse quoi

Le premier réflexe quand on découvre des dégâts au potager, c’est de chercher un coupable unique. En réalité, j’ai mis plusieurs saisons à comprendre que nous avions affaire à plusieurs bestioles différentes, qui ne se nourrissent pas des mêmes choses, ne creusent pas de la même façon, et ne demandent donc pas les mêmes parades.

Sur notre terrain, nous avons identifié quatre espèces : le rat taupier (ou campagnol terrestre), le mulot, le campagnol des champs et la taupe. Voici comment les distinguer.

Rat taupier
(campagnol terrestre)
MulotCampagnol des champsTaupe
Nom scientifiqueArvicola amphibiusApodemus sylvaticusMicrotus arvalisTalpa europaea
Taille12-22 cm8-10 cm8-12 cm10-15 cm
QueueCourteTrès longueCourteTrès courte
RégimeRacinesGraines, mixteHerbes, racinesVers, larves
MonticulesAplatisAucunAucunConiques
Trous apparentsOuiOuiOui, multiplesAucun
Reproduction2-4 portées/an × 4-7 jeunes — pullulations tous les 4-6 ans4-7 portées/an × 4-6 jeunes4-7 portées/an × 4-6 jeunes — pullulations tous les 3-4 ans1 portée/an × 3-4 jeunes
Menace au potager🔴 Très élevée🟡 Légère🟠 Modérée🟢 Quasi nulle
BénéficesAère le solRégule certains insectesAère le sol (faiblement)Mange limaces, larves, hannetons

Rat taupier
(Arvicola amphibius)
Photo Sarah, via Flickr / Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Mulot
(Apodemus sylvaticus)
Photo Rasbak, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Campagnol des champs
(Microtus arvalis)
Photo Dieter TD, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Taupe
(Talpa europaea)
Photo Michael David Hill, Wikimedia Commons, CC BY 2.5.

Une fois qu’on a identifié qui creuse quoi, on comprend mieux pourquoi certaines solutions marchent sur les uns et pas sur les autres. La taupe, par exemple, n’est pas un rongeur mais un insectivore : elle ne touche pas aux racines des légumes, mais peut faire des dégâts sur son passage. Le mulot, lui, vit en surface et passe par des trous minuscules. Et le rat taupier — qu’on appelle aussi campagnol terrestre — est de loin le plus problématique : c’est lui qui sectionne les racines en profondeur, lui qui peut décimer une rangée de carottes en une nuit.

TOUT ce que j’ai essayé… en vain !

Au début, j’étais à fond en mode permaculture. Je mélangeais toutes les cultures, je laissais les buses tourner au-dessus du jardin, et j’attendais sereinement que la biodiversité fasse son travail de régulation naturelle. Pour être honnête, c’est exactement l’inverse qui s’est produit !!! Plus j’attendais, plus la population de rats taupiers chez nous augmentait.

J’ai alors essayé tout ce qu’on m’a conseillé en solutions naturelles :

  • Les répulsifs végétaux — euphorbe plantée partout, ail entre les rangs, tourteau de ricin répandu sur le sol. Aucune différence visible sur l’activité des rongeurs.
  • Les dispositifs vibratoires — ces petits piquets solaires censés faire fuir taupes et campagnols avec des vibrations. Chez nous, ils ont tenu lieu de décoration de jardin douteuse, rien de plus… à part que le son nous rendait dingue.
  • Les bouteilles renversées sur des bâtons — la version artisanale du produit précédent. Même résultat !
  • Attendre la régulation par les prédateurs — il y avait pourtant des buses, parfois des renards de passage, et le chat du voisin venait régulièrement chasser. Efficace mais insuffisant face à la pression d’une population aussi dense.

Je dois préciser une chose importante : je ne dis pas que ces solutions ne marchent jamais. Si vous avez deux ou trois rats taupiers qui commencent à poser problème, ces approches douces peuvent suffire à les décourager avant qu’ils s’installent définitivement. Le souci, chez moi, c’est qu’on parlait déjà de centaines de bestioles quand j’ai pris la mesure du problème. À ce stade, la nature ne suffit plus — les prédateurs prélèvent une partie de la population, mais ils ne peuvent pas suivre le rythme de reproduction.

C’est d’ailleurs ce que confirment les chercheurs qui étudient le phénomène dans la région (j’y reviens en fin d’article) : les renards, rapaces et chats domestiques ralentissent les pullulations mais ne les arrêtent jamais.

Le moment où j’ai changé d’avis

Le déclic est venu d’un constat tout simple. J’avais beaucoup lu sur la biologie du rat taupier — sa reproduction, sa durée de vie, les chiffres des pullulations. Et un jour, en faisant le calcul, j’ai compris que je n’avais en réalité pas le choix.

Avec deux à quatre portées par an, et quatre à sept petits par portée, un seul couple peut produire plusieurs dizaines de descendants en une saison. Multipliez ça par les dizaines de rats taupiers déjà installés chez nous, en pleine zone de pullulation cyclique, et vous obtenez une équation qui n’a pas de solution naturelle. Ce n’est pas une affaire de patience, c’est une affaire de mathématiques.

Il y avait aussi la question de la sécurité sanitaire. Quand on voit un trognon de carotte mordillé en arrachant un légume, on ne sait jamais vraiment si on peut consommer ce qu’il reste sans risque — l’échinococcose alvéolaire, transmise par certains rongeurs dans nos régions, n’est pas une maladie anodine. Cette inquiétude permanente ajoutait à la lassitude.

Alors j’ai pris une décision difficile : il fallait que je les tue. En tant qu’Allemande, je n’aime vraiment pas employer le mot extermination — ce n’est pas anodin, et je préfère le préciser tout de suite. Mais c’est bien de cela qu’il s’agissait, et il faut le dire avec ses vrais mots. Tuer quelques limaces, ce n’est déjà pas évident quand on aime la vie ; tuer des petits mammifères avec du sang et tout, c’est encore autre chose. Cela m’a coûté.

Je m’y suis résolue en me disant ceci : je serais leur prédateur naturel. Pas avec du poison répandu partout, qui aurait contaminé mes propres légumes et empoisonné le reste de la chaîne alimentaire — mais en les piégeant, individuellement, comme un chat ou une buse l’aurait fait s’il y en avait eu assez pour suivre. La nature, ici, n’arrivait plus à équilibrer toute seule. Je l’ai aidée.

Les deux pièges qui ont fait le travail

Après en avoir testé une petite dizaine, je n’ai retenu que deux types de pièges. Ce sont les seuls, chez moi, à avoir réellement fait la différence — au point d’enrayer la reproduction sur quelques saisons et de nous permettre, ensuite, de souffler.

Le Windhager. C’est un piège à pince qu’on place directement dans la galerie, en appâtant avec un bout de carotte ou de pomme de terre. Les carottes fonctionnent mieux, je ne sais pas pourquoi. Ce piège est très efficace contre les rats taupiers — c’est même là qu’il excelle — et il attrape parfois aussi des campagnols, voire des petits mulots. La seule condition pour qu’il fonctionne, c’est de le poser très précisément : galerie bien repérée, piège bien orienté, terre bien tassée autour. Une pose approximative et il ne se déclenche pas. Avec ce piège, nous en avons capturé énormément, surtout les premières saisons.

Le piège Windhager, à pince, à placer directement dans la galerie.

Le SuperCat. Comme son nom le suggère, il imite un peu le geste d’un chat qui chope sa proie. On le place au milieu d’une galerie ouverte, et il se déclenche quand l’animal passe dessous. Il fonctionne aussi bien sur les rats taupiers que sur les campagnols, et il a l’avantage d’être (un peu) plus simple à poser que le Windhager. C’est mon second choix, en complément.

Le piège SuperCat, qui imite le mouvement d’un chat saisissant sa proie.

Tous les autres pièges que nous avons essayés étaient soit trop compliqués à mettre en place, soit franchement inefficaces. Je ne vais pas faire la liste, ce n’est pas le sujet. Ce qu’il faut retenir, c’est que deux pièges bien choisis et bien posés valent mieux que dix pièges installés à la va-vite.

Petite mise au point importante : les pièges ne sont pas une solution miracle. Ils permettent de réduire la pression, surtout au bon moment de la saison pour éviter les reproductions. Mais tant qu’il y a une population de rats taupiers autour de votre potager, ils continueront à venir. C’est pour cela que les pièges ne sont qu’une moitié de la réponse. L’autre moitié, c’est ce dont je parle dans la section suivante.

La solution qui a tout changé : les bacs grillagés

Les pièges m’ont permis de tenir face à la pression, mais ce qui a vraiment changé la donne, c’est autre chose. C’est le jour où nous avons décidé de mettre nos cultures hors d’atteinte.

Le déclic est venu d’Antoine Le Potagiste, dont la chaîne YouTube m’avait donné l’idée des bacs de culture. Sur les principes de construction, son approche m’a convaincue. La seule chose que j’ai faite différemment, c’est d’ajouter du grillage au fond de chaque bac. (Petite parenthèse, Antoine a aussi développé Potager Coach, un logiciel de planification de potager que j’utilise et que j’adore !)

Le principe est simple : avant de remplir le bac avec de la terre, on tapisse l’intérieur d’un grillage métallique qui empêche les rongeurs de remonter par en-dessous. Mais attention, toutes les mailles ne se valent pas. Un grillage à poule, par exemple, est totalement inefficace : les petits mulots passent à travers comme si de rien n’était. Il faut un grillage à mailles très fines — j’utilise du 12×12 mm (parfois appelé « grillage volière »). Il coûte plus cher, c’est vrai. Mais c’est un investissement de départ, pas une dépense récurrente. Le grillage ne rouille pratiquement pas, et quand un bac en bois finit par s’abîmer, on récupère le grillage pour le bac suivant.

Le grillage 12×12 mm que j’utilise au fond de mes bacs (marque Amagabeli).

Au début, nous n’avons pas voulu investir dans du bois traité de qualité. À vrai dire, j’avais tellement souffert des échecs précédents que je voulais d’abord tester l’idée avec ce qu’on avait sous la main : du bois de récupération, parfois même du bois non traité. Si cette solution non plus n’avait pas marché, j’étais prête à abandonner le potager. C’est dire mon état d’esprit à l’époque !

La solution a marché. Aujourd’hui, sur notre potager d’environ 100 m² cultivé, presque tous les bacs sont sur grillage. Les rats taupiers essayaient encore d’y accéder les premières années — on plaçait alors des pièges à côté pour les décourager — mais ils ont fini par (presque) renoncer. Les petits campagnols des champs peuvent toujours rentrer par l’extérieur (ils sautent par-dessus le rebord), mais en pratique, on en a vu très, très peu. Comme nos bacs en bois récup’ commencent à fatiguer, nous les remplaçons progressivement par des bacs en bois traité, plus durables. Le grillage, lui, sert toujours.

Le grillage en place au fond du bac, vu en gros plan : seuls les plus petits passages restent possibles.

Une galerie de campagnol qui s’arrête net sur le grillage — la barrière fait son travail.

Et les taupes, dans tout ça ?

Vous aurez peut-être remarqué que je parle assez peu des taupes dans cet article. Ce n’est pas un oubli. C’est que, malgré ce qu’on pense souvent, la taupe n’est pas vraiment une ennemie du potager.

Contrairement aux campagnols, rats taupiers et mulots, la taupe n’est pas un rongeur mais un insectivore. Elle ne touche absolument pas aux racines, tubercules ou plants (sauf en creusant ses galeries !). Ce qu’elle mange, ce sont des vers de terre, des larves (notamment de hannetons), parfois des limaces. Autrement dit, elle vous rend même service — surtout dans une région comme la nôtre où les hannetons et les limaces peuvent vraiment poser problème.

Ses monticules de terre sont disgracieux, c’est vrai. Mais chez nous, nous en avons fait une ressource : nous récupérons la terre des taupinières pour la mélanger à notre compost maison. C’est de la terre très fine, déjà bien travaillée, et c’est gratuit. Et au bout d’un moment, la taupe désespère de devoir tout reconstruire et va voir ailleurs.

Je ne les piège donc pas. Je les laisse vivre leur vie, et nous, on récupère la terre.

Aujourd’hui, presque tranquilles !

Cela fait maintenant au moins trois saisons que je n’ai plus eu besoin de poser un seul piège. Les bestioles sont encore là, autour, dans les champs voisins, parfois sous la haie, près de la serre, voire sous mes bacs de temps en temps — mais elles n’attaquent plus mes cultures. La combinaison pièges + bacs grillagés, appliquée pendant les premières années, a suffi à les décourager de venir s’installer chez nous. Et quand je vois revenir un monticule suspect près d’un bac, je sors un piège, je le pose, et puis basta.

Ce qui a changé, surtout, c’est mon rapport au jardin. Pendant des années, chaque visite au potager se faisait avec une pointe d’angoisse : qu’est-ce qui aura encore été grignoté aujourd’hui ? Quelle culture va-t-on devoir abandonner ? Aujourd’hui, je retrouve ce que je suis venue chercher quand j’ai démarré ce potager : me reconnecter à la terre, aux saisons, profiter du temps passé dehors. C’est précisément ce que les rongeurs m’avaient volé pendant trop longtemps.

Si vous vivez aujourd’hui ce que j’ai vécu il y a dix ans, voici ce que je voudrais vous dire. C’est possible de s’en sortir. Il faut accepter d’investir un peu — dans des bacs, dans un bon grillage, dans deux ou trois pièges efficaces. Il faut aussi accepter, à mon avis, d’en tuer quelques-uns pendant deux ou trois saisons : ce n’est pas pour toute la vie, c’est le temps qu’il faut pour qu’ils renoncent. Et il faut surtout agir tôt. Si vous avez un couple de rats taupiers qui commencent à poser problème, c’est maintenant qu’il faut intervenir, avant qu’ils ne se reproduisent. Une fois la pullulation installée, la lutte devient beaucoup plus longue.

Je sais que ce sujet n’est pas confortable. Tuer des petits mammifères avec du sang et tout, ce n’est pas anodin, et personne ne devrait s’y résoudre à la légère. Mais quand on a essayé toutes les autres voies sans succès, et qu’on est sur le point d’abandonner le potager, il faut parfois savoir trancher. Pour moi, c’était eux ou moi. Eux ou mon potager, destiné à nourrir ma famille à moindre frais et à ne pas être une source d’angoisse. Donc j’ai choisi le potager. Et avec le recul, je ne le regrette pas une seconde.

Pour aller plus loin : les recherches scientifiques en Franche-Comté

Si le sujet vous intéresse au-delà de mon expérience personnelle, sachez que le rat taupier — ou campagnol terrestre — est étudié dans ma région d’accueil depuis plus de cinquante ans. Le Haut-Doubs est même devenu un véritable laboratoire à ciel ouvert pour les chercheurs du monde entier, qui viennent y étudier les fameuses pullulations cycliques de cette espèce.

Voici les sources qui m’aident à mettre en perspective ce que je vis au quotidien dans mon potager :

Les fondations scientifiques

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L’Est Républicain — « Le Haut-Doubs attire la crème des chercheurs sur le campagnol » (26 mars 2015)

En 2015, une trentaine de spécialistes internationaux se sont réunis à Frasne, dans le Haut-Doubs, pour échanger leurs méthodes face aux pullulations de campagnols. L’article rappelle qu’en 2012, 60 000 hectares avaient été touchés en Franche-Comté, pour 22 millions d’euros de pertes agricoles. Patrick Giraudoux, écologue à l’Université de Franche-Comté, y rappelait déjà que l’enjeu n’est pas d’éradiquer le campagnol, mais d’apprendre à anticiper ses cycles et à cohabiter avec.

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Zone Atelier Arc Jurassien (ZAAJ) — Dispositif 4P

Programme de recherche pluridisciplinaire labellisé CNRS, le dispositif 4P (Paysages, Populations de Rongeurs, Prédateurs et Parasites) étudie depuis plus de 25 ans les interactions entre paysages agricoles, dynamiques de populations de rongeurs, communautés de prédateurs et circulation de parasites zoonotiques (l’échinococcose alvéolaire, notamment). C’est la référence pour qui veut comprendre la complexité écologique du phénomène, au-delà du seul angle agricole ou jardinier.

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Pierre Delattre & Patrick Giraudoux — Le campagnol terrestre : prévention et contrôle des populations (Éditions Quæ, 2009, 263 pages — ISBN 978-2-7592-0386-4)

L’ouvrage de référence sur le sujet. Fruit de plusieurs décennies de recherches collectives, il fait la synthèse de tout ce qu’on sait sur la biologie de l’espèce, les mécanismes des pullulations, les stratégies de lutte raisonnée et les enjeux écologiques, sanitaires et socio-économiques. À conseiller à ceux qui veulent vraiment creuser.

Une petite parenthèse avant de poursuivre : les solutions qui fonctionnent chez moi, sur un potager de 100 m², ne sont bien évidemment pas transposables à l’échelle des champs et prairies. Pour les maraîchers et éleveurs confrontés à des pullulations sur des dizaines d’hectares, que ce soit ici dans le Haut-Doubs ou ailleurs, le défi est bien entendu d’une toute autre nature. Les articles qui suivent en témoignent…

Le phénomène est loin d’être derrière nous

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France 3 Bourgogne Franche-Comté — « La Bourgogne Franche-Comté teste de nouveaux dispositifs de lutte contre les campagnols » (31 mars 2021)

Article-bilan sur la ZELAC (Zone Expérimentale de Lutte Anti-Campagnol), lancée en 1999 dans le Doubs et étendue aujourd’hui à 1 000 hectares. Après le retrait de la bromadiolone en 2020, les chercheurs y mettent au point des méthodes de lutte raisonnée : labour partiel, bandes enherbées, perchoirs à rapaces, entretien des haies. L’article présente aussi le programme CARELI (2021-2031), destiné à mesurer sur 10 ans le rôle du renard roux dans la régulation des populations.

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Echosciences Bourgogne-Franche-Comté — « Les campagnols trop nombreux pour les prédateurs » (2 novembre 2022)

Issu d’une étude longitudinale menée sur vingt ans, cet article confirme ce que j’ai vécu sur le terrain : les prédateurs naturels — renards, rapaces, chats — prolongent les phases de basse densité mais ne suffisent pas à empêcher les pics de pullulation. Quand la population de campagnols est multipliée par 1 000, le prélèvement des prédateurs n’est multiplié que par 7. Autrement dit : ils font ce qu’ils peuvent, mais ils ne peuvent pas suivre.

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ici / France Bleu Besançon — « ‘Ça les rend fous’ : les agriculteurs face aux dégâts des campagnols en Franche-Comté » (2 juillet 2025)

Un état des lieux récent sur le cycle de pullulation en cours, dans plusieurs secteurs de Franche-Comté : Hauteroche/Vers-en-Montagne dans le Jura, Levier/Frasne dans le Haut-Doubs, et Morteau/Montlebon/Saint-Hippolyte sur le premier plateau. Témoignages d’éleveurs en AOP Comté : 15 % de baisse de rendement, lait moins riche en protéines, surcoût en farines. Un article utile pour comprendre que le phénomène ne relève pas du passé — il est toujours là, bien vivant.

Si vous voulez voir tout ça en images, je vous laisse découvrir la vidéo complète :


Voilà. J’espère que cet article aura été utile à ceux d’entre vous qui partagent ma situation — ou simplement intéressant pour ceux qui voulaient comprendre comment on s’en sort, quand on jardine dans une région où ces bestioles règnent en maîtresses. Et si vous aussi vous êtes passés par là, racontez-moi en commentaire ce qui a marché chez vous : chaque terrain est différent, et on apprend toujours des solutions des autres.


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